Collection de la B.P.C.

 

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Mise en ligne le 31 mars 2012

 

 

Important métaphysicien et indianiste français, spécialiste de littérature philosophique indienne sanskrite, héritier d’Olivier Lacombe, mais aussi de Rudolf Otto ou de Paul Masson-Oursel, de Max Muller, de Paul Deussey ou de Theodor Stcherbatsky, ayant introduit à partir des années 60 (alors qu’il officiait à l’Institut français de Pondichéry depuis les années 1955 peu après son agrégation de philosophie) l’idée même d’une confrontation de la pensée orientale indienne à l’expérience occidentale du cogito, le professeur Gélibert (1925-2010) a laissé une production écrite encore peu connue et en tout cas insuffisamment exploitée, ce que peuvent expliquer ses responsabilités culturelles et diplomatiques dans les rapports d’échanges entre les deux continents et ses charges académiques et universitaires entre la région parisienne et le sud-ouest de la France.

Voici sa thèse principale sur la croyance, saluée par Henry Duméry, Pierre Aubenque et Olivier Lacombe comme le maître ouvrage d’une vie et comme l’œuvre d’« un penseur authentique » et d’« un écrivain de race ».

Ce travail volumineux éclaire la notion de croyance, non pas au sens réduit de conviction de type religieux, mais au sens, très généralement psycho-noétique, de modalité subjective de l’assentiment. Suivant une méthode à la fois humble et des plus universitaire, il reprend les doctrines établies de l’histoire de la philosophie d’Orient et d’Occident, et il en médite et interprète les grands textes ; une démarche qui n’en permet pas moins à une pensée originale de « mûrir ». C’est parvenue ainsi à son point culminant qu’elle conduira à une philosophie de la religion se défiant de tout intellectualisme, dépassant tout empirisme et assumant un mysticisme de l’esprit, selon le modèle même de l’indianisme philosophique dont s’est sans cesse et très tôt réclamé Gélibert.

 

  

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Important French metaphysician and indianist, specialist in philosophical indian sanskrit literature, heir to Olivier Lacombe, but also to Rudolf Otto or Paul Masson-Oursel, Max Muller, Paul Deussey or Theodor Stcherbatsky, the professor Raymond Gélibert (1925 – 2010) introduced, in the sixties, the idea of a confrontation between the indian oriental thought and the western experience of “cogito”  when he had been working for the French Institute of Pondichery since 1954-55 shortly after he passed his last examination. R. Gélibert has left a little-known literary output and in any case not enough used because of his cultural and diplomatic responsibilities for the exchanges between the both continents and his academic duty in Paris or in the southwest of France.

 

Here is his major thesis obout the belief, hailed by Henry Duméry, Pierre Aubenque and Olivier Lacombe as the main work of a life and as the work of a true thinker and a really great writer.

 

This hudge work throws the light on the notion of belief, not only with a religious meaning but also with a generally noetic meaning of subjective modality of assent. Using a humble and very academic method, he takes up the existing doctrines of the history of the oriental and western philosophy, he meditates on and he interprets the major texts ; however this approach ensures the “maturing” of the thought. When it reaches its highest point, it will lead to a philosophy of the religion without any intellectualism, exceeding any empiricism and accepting a mysticism of spirit, according to the very model of philosophical indology which Gélibert was constantly and very early an expression of.

 

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© Collection  de la B.P.C., III/2012, mise en ligne le 31 mars 2012