ROSMINI
Introduction à la
philosophie
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Traduction, Introduction et Note bibliographique de
Jean-Marc Trigeaud
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Introduction : Au risque de renaître
Note bibliographique : Rosmini en langue
française
1.
Œuvres de Rosmini
2.
Études sur Rosmini
I
Des études de l’auteur
Discours à des amis
Première partie : Des fins spéciales auxquelles a
été ordonnée la doctrine exposée dans les œuvres variées de l’auteur
Première
fin ; combattre les erreurs
Seconde
fin : réduire la vérité au système
Troisième
fin : offrir une philosophie qui puisse être une base solide pour les
sciences
Quatrième
fin : et de cela peut profiter la théologie
Liberté
du philosopher
Conciliation
des jugements
II
Caractères de la philosophie
1.
2.
III
Système philosophique
1.
Sciences d’intuition
2.
Sciences de perception
Psychologie
Cosmologie
3.
Sciences du raisonnement
Sciences
ontologiques
Ontologie
Théologie
Sciences
déontologiques
Déontologie
générale
Télétique
Éthique
Droit
rationnel
Doctrines
des moyens
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Ce n’est pas un hasard si, à la veille du troisième
millénaire, la philosophie de Rosmini, bien inégalement connue pourtant à
travers le monde, peut apparaître à beaucoup comme un système métaphysique apte
à répondre aux exigences ultimes : son langage est nouveau et
anticipateur, et il ne préjudice nullement à l’identité d’un sens fondamental
mais en rehausse au contraire l’universalité.
D’abord, elle ne vise pas à une simple explication
de l’être, des causes et de la vérité d la connaissance dont les arguments
pourraient persuader celui est en quête d’un savoir radical; elle est aussi une
éthique et surtout une théologie, dont
l’auteur a lui-même offert le témoignage de sa vie. Or, comme le disait
Bergson, dans cet ordre de la preuve existentielle, l’idée perd sa nature
dogmatique et livresque, elle cesse d’appartenir au catalogue des doctrines
répertoriées, objet de pure curiosité, et elle devient, à travers l’unicité de
l’exemple, un modèle incitatif à l’action, même si celle-ci doit s’entendre de
la passivité supérieure du fameux « laisser être », ce qui n’empêche
en rien l’affrontement « actif » aux circonstances contraires………
………………………………………………………..J.-M.Trigeaud, Introduction, Au
risque de renaître, p. 9
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EXTRAITS
§52. La vérité se concilie toujours avec la vérité.
L’erreur se concilie de rares fois avec elle-même, jamais avec la vérité. Le
fait d’assumer une aussi grande autorité, comme est celle d’imposer selon son
bon plaisir une autre loi à l’entendement, correspond à cette tendance à
vaincre en absurdité des démagogues qui, sous le nom de liberté, insinuent la
plus rebutante tyrannie, ce qui donne à croire que l’on peut étendre impunément
son propre despotisme intellectuel sur la nature humaine et sur cette vérité
qui en est la législatrice et l’unique reine légitime. La vérité donc, voilà le
seul point possible de la conciliation, et cette conciliation (nous n’en
reconnaissons aucune autre) est celle que nous avons toujours eu sous les yeux
dans les discussions philosophiques……………………………………………………………………………………….………..p.
133
§ 23. En affirmant que l’essence de l’être est
réalisée en une activité sentie, nous affirmons qu’il existe un être réel.
Connaître donc l’existence d’un être réel équivaut à affirmer une espèce
d’identité entre l’essence de l’être et l’activité qui se manifeste dans le
sentiment………………………………………………………….…p. 270
§24. Cette identité n’est pas toutefois
parfaite ; puisqu’en une activité sentie ou sentante l’essence de l’être
ne saurait s’épuiser : sont par là innombrables les sentiments qui nous
font affirmer l’existence d’autant d’êtres réels, divers les uns des autres. De
chacun nous affirmons qu’il existe, qu’il est un être. Reconnaître en chacun
l’essence de l’être revient à dire que l’essence de chacun de ces êtres que
nous affirmons est identique à l’essence de l’être que nous avons connue
auparavant : cependant, tous les êtres sont différents. Il convient dès
lors de dire que, tout en étant différents, ils ont néanmoins quelque chose de
commun, et cette chose commune est l’essence de l’être. En tout cela, il faut
le noter, nous ne faisons qu’observer le fait de la connaissance des êtres
réels, et l’analyser, sans y ajouter aucun raisonnement. Du reste, en sachant
qu’en toute la réalité des êtres réels que nous affirmons nous trouvons
réalisée l’essence de l’être, nous pouvons mieux entendre en quel sens nous
avons dit que l’essence de l’être est universelle ; parce qu’elle est apte
à se réaliser en tant d’êtres particuliers ; et, par là, parce qu’avec
elle seule nous connaissons tous les êtres réels : cette universalité
n’est pas en elle, ce qui st une de ses relations avec les êtres
réels……………………………………………………p. 270